Festival de cinéma africain de Tarifa et Tanger : trois films algériens en compétition

Festival de cinéma africain de Tarifa et Tanger : trois films algériens en compétition

Trois films algériens sont en compétition au 17e Festival de cinéma africain de Tarifa et Tanger (FCAT), qui se déroule du 4 au 13 décembre 2020 dans ces deux villes qui se regardent d’un côté et de l’autre du Détroit de Gibraltar, l’une en Espagne, l’autre au Maroc. Il s’agit de deux long-métrages réalisés par des jeunes talents du cinéma algérien, Hassen Ferhani et Amin Sidi-Boumédiène, et un court-métrage d’une nouvelle promesse, Amira Géhanne Khalfallah.

Le long-métrage documentaire 143, Rue du Désert (2019) de Hassen Ferhani raconte l’histoire de Malika, une femme qui, dans sa buvette en plein désert algérien, accueille des routiers et des touristes égarés et leur offre un havre de paix. Le film a été salué par le Prix du meilleur réalisateur émergent au préstigieux Festival de Locarno l’année dernière. Selon le journaliste Bertrand Tappolet, « c’est la marge d’un monde, le vide qui reçoit les échos d’un épuisement résigné face à un régime politique en bout de course. » Le film est imprégné d’une certaine défiance face au pouvoir. Cela n’a rien d’anodin puisqu’il a été réalisé en 2018, au lendemain des manifestations populaires qui secouèrent le pays.

L’autre long-métrage algérien en lice dans la section Hypermétropie du FCAT s’intitule Abou Leila (2019) de Amin Sidi-Boumédiène. Aussi avec le désert comme toile de fond, le film suit le parcours de S. (Slimane Benouari) et Lotfi (Lyes Salem) lorsqu’ils traversent le désert à la recherche du célèbre terroriste Abou Leila. Le film, qui se déroule en 1994, touche la thématique des années de plomb en Algérie sous un angle inédit. Il s’agit du premier long-métrage du réalisateur algérien. Et quel début. D’emblée, le film a été sélectionné à la 58e Semaine de la critique du Festival de Cannes.

Le désert est omniprésent également dans le court-métrage El Sghayra (« La petite »), de la réalisatrice Amira Géhanne Khalfallah. Selon le Jury Génération Kplus de la Berlinale 2020, ou le film a remporté une mention spéciale, « ce film montre comment une jeune fille gaie crée son propre monde en vertu de son indépendance et de sa joie de vivre. Dans un paysage à couper le souffle, chaque personnage aide l’autre à ouvrir les yeux. Le film nous a également ouvert grands les yeux. » Le court-métrage est en lice dans la section En Bref du Festival de cinéma africain de Tarifa et Tanger.

Un total de 40 œuvres cinématographiques en provenance de 18 pays d’Afrique et d’Amérique ont été sélectionnées dans le programme de ce festival qui se déroule à la fois dans les salles de Tarifa, dans les écoles hispanophones du nord du Maroc ainsi qu’en ligne.

Créé en 2004 par une association espagnole, le FCAT œuvre pour la promotion de la culture africaine à travers le septième art. Ainsi, à travers la pluralité et hétérogénéité des récits audiovisuels qu’il propose, le festival cherche à accompagner l’audience à mieux comprendre « l’autre » et à briser les préjugés qui voilent son regard vis-à-vis des sociétés, cultures et réalités dites « africaines ».

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